Jean Nicoli, résistant Corse

La corse libérée


Video : Canta u populu Corsu : "Lettera à Nicoli" (en hommage à un grand patriote corse horriblement torturé puis assassiné par les troupes fascistes)
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1943, la Corse premier département libéré

Le 11 novembre 1942, un corps d'armée italien débarque à Bastia et à Bonifacio : la Corse est massivement occupée : 80 000 italiens et 20 000 allemands, c'est à dire un occupant pour deux habitants ou presque. Aussitôt la résistance corse s'organise à travers le Front National et les communistes. Parmi les patriotes corses il y a Fred Scaramoni, Jean Nicoli, Arthur Giovoni, Paulin Colonna d'Istria, François Vittori, Dominique Lucchini que ses amis appelaient "Ribellu" (Rebelle), Antoine Ceccaldi et bien d'autres.

Le 9 septembre 1943 les patriotes corses appellent à l'insurrection populaire. Après la prise de la préfecture d'Ajaccio, le ralliement officiel à la France libre, l'arrivée de troupes françaises (port sécurisé par la Résistance) et les combats libérateurs contre 34 000 Allemands (Panzer Division et SS Reichsführer), l'île est libérée, en un mois, du nazisme et du fascisme, le Front national s'empare du pouvoir en Corse, installe un Conseil de préfecture à Ajaccio où Henri Maillot brise rageusement le portrait de Pétain qui orne le bureau du préfet et le remplace par une photo de De Gaulle. Début octobre, Bastia est évacuée par les dernières troupes allemandes : l'île est entièrement libérée (En France, les Français devront patienter plus d'un an encore...).


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Peu après, de Gaulle déclare dans Ajaccio pavoisée (le 8 octobre 1943): "La Corse a la fortune et l'honneur d'être le premier morceau libéré de la France (...). Mais les révisionnistes français ne l'entendaient pas ainsi, et dans les livres d'Histoires scolaires la Corse ne sera jamais le premier "département français" libéré. Même si Luc Ferry, alors ministre de l'Education nationale, déclarait en février 2004 : "Les événements qui ont permis à la Corse de retrouver sa liberté, alors que le territoire national restait occupé, sont assurément un cas exemplaire de processus résistant et patriotique."

M. Hamlaoui Mekachera, secrétaire d'Etat aux Anciens Combattants, déclara à Ajaccio, en 2003 : "Je souhaite que les falsifications disparaissent. Je ne comprends pas, pour parler franchement, pourquoi la réalité tarde tant à être rétablie."
Après les courriers et promesses de Jacques Chirac et de Michèle Alliot-Marie, à Bastia, le 4 octobre 2003, nous attendons la mise à jour des programmes scolaires des lycées et collèges. Aujourd'hui encore, la connaissance du conflit mondial est faussée, non pour les historiens spécialistes, mais pour les citoyens. (...) Alors, si on parle de la première ville française libérée, c'est Ajaccio et, si on parle du premier département, c'est la Corse.
Voilà la stricte vérité historique.

En 1943, premier département libéré, la Corse s'est vaillamment défendue face aux troupes de l'Axe. Mais au début des années 60, les insulaires entament une autre résistance: celle qu'ils entendent mener en leur propre nom, et pour leur île. En 1975, des violences à Aléria contre une cave tenus par un propriétaire pied-noir, opposent les autonomistes, conduits par Edmond Siméoni, aux forces de l'ordre. Cet incident sera suivi par le développement et la radicalisation des tendances autonomistes et indépendantistes.

En 1982, dans le cadre de loi sur la décentralisation, un nouveau statut érige la Corse en Région. La première assemblée régionale Corse est élue au suffrage universel. En 1991 l'île devient une collectivité territoriale, et possède un statut particulier.

 A Lire

Et la corse fut libérée, de Paul Silvani, Editions Albiana... Et la corse fut libérée

Paul Silvani retrace précisément l'historique, mal connu en métropole, d'un fait d'armes remarquable qui, par ailleurs, conforta et sans doute accéléra les préparatifs du débarquement allié en Provence (août 1944) ; il souligne, à l'occasion, le peu d'empressement des grandes puissances à seconder les efforts des patriotes corses et met en lumière, les divergences de vue entre Giraud, plus prompt à s'engager, et De Gaulle

Il dresse en regard une série de portraits attachants des grandes figures qui ont porté le mouvement : Fred Scaramoni, Jean Nicoli, Arthur Giovoni, Paulin Colonna d'Istria, François Vittori, Dominique Lucchini que ses amis appelaient Ribellu, Antoine Ceccaldi, …

Une fois la liberté reconquise, la Corse attire les visites : De Gaulle à plusieurs reprises, les généraux Juin (dont la mère était originaire d'Ucciani) et Patton, Churchill … et Joséphine Baker. Paul Silvani évoque encore le bref séjour d'Antoine de Saint-Exupéry, dont l'escadrille était basée à Borgo ; c'est l'occasion, pour l'auteur, de suggérer une belle hypothèse concernant l'issue, jamais élucidée, du dernier vol de Saint-Ex.

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