Napoléon Bonaparte, entre à l'école militaire de Brienne.
Après trois mois passés à Autun, Napoléon est admis comme élève du Roi, à l'école militaire de Brienne.
Dès son arrivée à l'école, le jeune Bonaparte est pris d'une violente nostalgie; il regrette la Corse, la beauté de son ciel, la douce chaleur de son climat: "Être
privé de sa chambre natale, écrira-t-il, et du jardin que l'on a parcouru dans son enfance, n'avoir plus l'habitation paternelle, c'est n'avoir point de Patrie". De plus, il subit de nombreuses
mortifications d'amour-propre : le voilà en butte aux chauvinisme Corse: son professeur de géographie rattachant la Corse à l'Italie, ses camarades le déclarent sujet de la
république de Gênes. Napoléon prend feu, défend les Corses, leur vaillance et leur fidélité à leur petite Patrie. Et lorsqu'on déclare le pays asservi
à la France, il réplique fièrement : "j'espère le rendre un jour à la liberté. Que sait-on? Le destin d'un empire tient souvent à un homme!". Pour lui, son idole
est le Patriote Corse Paoli, qui a délivré son pays des Génois et a glorieusement lutté contre le Roi de France. Il deviendra par
la suite un mortel ennemi.
A cette époque, le jeune élève est court de taille, les épaules larges, de stature mince, de teint olivâtre.
Il a les yeux vifs et perçants, le regard investigateur, le front large et proéminent, les cheveux noirs et plats, les lèvres fines et souvent nerveusement contractées. Son visage reflète
l'énergie, l'ardeur, l'intelligence. Malgré la bonne éducation qu'il reçoit, malgré le contact de ses camarades, jeunes gens de bonne famille élevés dans la politesse
Française du XVIIIème siècle, le Corse conserve toute sa rudesse native; il reste fougueux, passionné, avec des accès de colère, de véritables transports de fureur.
Dès cette époque, l'élève Bonaparte a conscience de ses aptitudes militaires;
il déclare : "l'état militaire est le plus beau de tous les corps. j'ai l'instinct que ma volonté doit l'emporter sur celle des autres et que ce qui me plaît doit m'appartenir".
Il veut faire grand, avoir un nom dans l'histoire, fixer sur lui l'attention de ses contemporains. Il admire Lacédémone: "les palpitations d'un Spartiate, dit-il, sont celles de l'homme fort".
Aussi ses camarades le surnomment-ils "le Spartiate", ce qui explique bien des choses dans son attitude. Ses études ont été brillantes ; aussi, en juillet 1783, est-il désigné pour
se rendre à l'École royale militaire de Paris, afin de terminer sa formation pour l'armée; il a seize ans et se destine à la marine ou à l'artillerie, armes savantes où la faveur
et la richesse ne prennent jamais la place du mérite.
Le voilà lancé dans la vie : personne ne peut se douter que cet élève maigre et sombre, aux cheveux plats et noirs retombant autour du
visage, étonnera le monde et laissera derrière lui les témoignages de son génie...