Dans le train, en direction de Paris, je me plais à repenser à mes quelques jours passés en Corse. Un autre monde, une
autre vie, c’était pourtant il y a moins d’un mois.
Départ de Paris, arrivée à Campo Del’Oro, l’aéroport d’Ajaccio, 1h20 plus tard. Les nuages ont disparu au-dessus de la
Méditerranée, le ciel est d’un bleu immaculé, la descente de l’avion se fait sous une température de fou, l’asphalte
dégage des vapeurs de chaleur. Il ne reste plus qu’à récupérer la voiture et l’île est à nous …
A 15 km de l’aéroport se trouve Porticcio, station balnéaire de la côte ouest. Nous y avons réservé un appartement sur les
hauteurs dans la résidence Terra Bella. De petites rues pavées entourées de lauriers roses desservent les appartements qui
ont tous vue sur le golfe d’Ajaccio et les Sanguinaires.
Même si la Corse est connue pour ses plages et ses criques magnifiques qui n’ont rien à envier aux Seychelles
(ou presque …), elle possède de nombreux autres joyaux.
D’ailleurs je ne m’attarderai pas sur nos journées « crêpes » dans Notre crique. Pourquoi « Notre » ? Et bien nous l’avons
trouvée un peu par hasard mais au prix de longues heures de recherche, et nous y étions seuls. Du sable, une petite
baignoire grâce aux rochers qui cassent les vagues, des eaux cristallines, des poissons, des crevettes et des crabes
plus du tout sauvages au bout d’une semaine en notre présence. Bref, un petit paradis. Mais je ne vous dirai pas où elle
est, évidemment, je n’ai pas envie que vous veniez me déranger l’année prochaine en plein … bronzage …
Porto
Et donc comme la Corse, ce n’est pas que cette crique et les plages alentours aux eaux toutes aussi
turquoises, nous avons pris la direction de Porto. La route pittoresque qui nous y amène, serpente dans les montagnes
arides, longe des plages irréelles, traverse de petits villages typiques et nous conduit quelques kilomètres avant Porto
aux calanches de Piana.
Magnifique paysage de rochers rouges aux formes indescriptibles. Entre les arches sous lesquelles nous passons, les blocs
épars de chaque côté de la route et le golfe de Porto en fond, rien d’étonnant à ce que tout ça ait été porté au patrimoine
de l’Humanité par l’Unesco. Arrivés à Porto, nous n’avons qu’une seule idée en tête, louer un zodiac et partir à la
découverte de criques cachées, de paysages inconnus et des poissons multicolores de la réserve de Scandola. Pour 75 €
la journée + l’essence (compter environ 100 € en tout), nous voilà partis très fièrement vers l’inconnu.
Une expérience inoubliable à faire absolument. La liberté de jeter l’ancre où nous voulons, pour plonger, pour nous faire
bronzer, regarder le paysage enchanteur autour de nous ou tout simplement apprécier ce moment de tranquillité au pied
d’immenses falaises rouges, bercés par le mouvement des vagues. Le retour au port nous pèse, une dernière pointe de
vitesse avec le zodiac et nous voilà de nouveau sur la terre ferme pour un retour à Porticcio.
Après une journée plage bien « difficile » le lendemain, nous terminerons la soirée à l’Arbousier, restaurant de l’Hôtel 4*
Le Maquis à Porticcio. Vous cherchez un cadre magique, romantique, un service exceptionnel, pour son originalité et sa
qualité ? N’hésitez pas, il s’agit d’un des meilleurs restos de Corse et il le mérite grandement.
Bonifacio et les Iles Lavezzi
Le matin suivant est un matin comme les autres, réveillés par un soleil radieux, 26°C à 10h,
pas un nuage à l’horizon. Nous décidons de partir pour Bonifacio à l’extrême sud de l’Île. 2h de route, juste le temps de
nous stationner, de déjeuner rapidement avant de prendre le bateau en direction des Iles Lavezzi.
Comment vous expliquer ? Une eau phosphorescente, des rochers plats, des plaines arides, quelques petits coins isolés, on
se croirait sur une autre planète. Seul bémol, il y a beaucoup de monde et en fonction de la compagnie qui vous y amène,
le débarcadère peut se trouver à un endroit inintéressant, il est donc nécessaire de marcher un certain temps, sous 40°C,
sans un souffle de vent, pour se rendre là où les touristes sont moins nombreux. Heureusement, la traversée pour nous y
rendre se fait sous le signe du folklore local qui veut que tout individu sur le bateau soit trempé de la tête au pied
avant de poser le pied sur les Iles … Plusieurs possibilités s’offrent à vous, soit une journée entière sur l’Ile, soit
quelques heures. Le retour en bateau est plus calme et plus instructif avec, en fonction des guides, l’histoire de Bonifacio
et quelques anecdotes en prime, de plus ou moins bons goûts …. ! Leurs souffres douleurs ? Les femmes et les parisiens, si
vous êtes les deux … restez calme … grrr ….
Si je devais vous conseiller un restaurant, je vous parlerais des « Marches d’Aragon ». Une cuisine française aux couleurs
corses, avec vue sur la mer et les falaises de calcaire qui prennent une teinte rosée au moment du coucher de soleil.
Les plats sont bons, le service jeune et sympa, tout ça donnant un caractère très particulier à ce restaurant, loin des
bistrots touristiques du centre ville. Les mouettes passent à notre hauteur tout au long du repas, elles attrapent très
bien le pain volant mais préfère largement la Daurade aux étoiles anisées !!!
Les Gorges de Spelunca
Dernière étape avant de retourner définitivement nous vautrer sur la plage, Les Gorges de Spelunca.
A quelques kilomètres au-dessus de Porto, Les Gorges offrent un paysage fantastiques de falaises rouges au pied desquelles
coule un petit cours d’eau. On pourrait se croire dans les montagnes près de chez nous, à la différence près qu’ici, l’eau
est fraîche mais très agréable. Vous pouvez me croire, j’ai passé mon après-midi dans l’eau alors que vous ne me verriez pas
mettre un orteil dans un torrent des montagnes de la métropole. La température est suffocante, et les 45 minutes sont un
peu interminables pour atteindre un endroit isolé, à l’écart de tous les touristes, parce que oui, il y en a beaucoup, et
à moins que cela ne vous dérange pas, il faudra marcher pas mal pour trouver un coin tranquille. Mais finalement même le
parcours vaut le détour. Entre les ponts génois, les falaises, le chemin et bien d’autres choses, les 45 mn valent bien la
peine que l’on se donne. Une fois arrivés, nous posons nos serviettes sur les gros rochers plats avant de nous glisser
lentement dans l’eau limpide, rafraîchissante, avec un paysage féerique en face de nous. Pour preuve, une petite photo.
Tout est formidablement calme à part le clapotis de l’eau qui coule doucement. Nous sommes dans une petite baignoire
naturelle, comme téléportés … ailleurs …
Malheureusement le soleil décroît et nous devons nous rendre à l’évidence, il est l’heure de partir de cet endroit magique
pour retourner à Porticcio, pour notre dernière soirée, tristes …
Ajaccio
Nous terminons comme nous avons commencé, par le même restaurant, celui du casino d’Ajaccio.
Irréductibles parisiens … nous avons cherché à Ajaccio un restaurant qui nous rappellerait la capitale avec en prime une
vue sur le Golfe et la mer, parce que bon quand même on est en Corse ! Nous avons donc trouvé « La Rotonde ». Un peu en
dehors des restaurants touristiques du Port, également très sympas par ailleurs, il se trouve au bout du casino et fait
un angle. Joli décor, des ficus torsadés et des lampes multicolores, ambiance intime, et surtout des plats de plein
d’origines, voire même des plats classiques avec une petite touche d’exotisme. Le premier soir de notre arrivée,
le service a été impeccable à part le fait qu’ils aient apporté un plat en même temps qu’une entrée, mais bon passons.
C’est quand même ici que j’ai dégusté la meilleure dorade aux herbes du maquis de toute ma vie ! Donc tout est excusé …
Pour notre dernier soir, nous avions pris le soin de réserver notre table pour être sûrs de l’avoir. Quelle ne fut pas
notre surprise en arrivant quand nous avons vu qu’ils l’avaient déjà donnée. Pour se faire pardonner et après qu’on se
soit « légèrement » énervés, le patron nous a offert une coupe de champagne que nous avons finalement payée à la fin !!
Bref, ceci est une petite vengeance personnelle, soit, mais le dîner du dernier soir était loin d’être à la hauteur de
nos espérances. Bref, vous pouvez y aller pour le décor mais ne vous attendez pas à un service d’exception.
Voilà encore quelques heures passées sur la plage pour parfaire notre bronzage qui aujourd’hui déjà s’est évaporé avec la
grisaille.
Conclusion
La Corse est vraiment magique. Les Corses sont … comment dire … à connaître, pas
particulièrement accueillants, à part dans les petits villages, mais pas particulièrement désagréables non plus.
C’est magnifique, on pourrait y passer 3 semaines sans s’ennuyer tellement il y a de superbes paysages, très variés, de
petits villages typiques, des routes pittoresques, tellement différentes les unes des autres.
Avec un peu de chance vous croiserez des petits cochons sur le bord de la route (il y en a en allant vers les Gorges de
Spelunca), future coppa dans votre assiette, ou même des chèvres, futur saucisson dans votre assiette. Si vous croisez
des sangliers, c’est moins bon signe, mais vous pourrez toujours l’imaginer en terrine ou saucisson … Mmmh …. Ça met
l’eau à la bouche tout ça, non ? Un petit Cap Corse en apéritif et un Patrimonio pour arroser le tout, miam miam … Ça
c’est la Corse !
4 idées clés pour apprécier la Corse au maximum
- ne partez pas avec des préjugés sur les Corses, il faut séparer les vacances et la politique !
- partez un minimum de 15 jours pour avoir le temps de faire un circuit et voir les différents paysages, et les
principales villes, toutes très particulières. Et avoir le temps de se poser pour passer quelques jours tranquilles à
la plage, les doigts de pied en éventail.
- n’oubliez pas de goûter les spécialités locales.
- n’hésitez pas à marcher pour trouver des coins tranquilles, la plupart des touristes se posent dès qu’ils sont
descendus de voiture, on peut tout à fait dénicher des endroits déserts même en plein mois d’août, c’est ça aussi
La Corse !
Un grand merci à Manu pour sa participation.
Je vous invite à venir découvrir la suite de mon aventure sur www.Partir1Jour.com