Le fra li monti

Le fra li monti


La raison principale pour Laquelle je me suis lancé sur cette randonnée, c'est l'Intérêt et la passion que je voue à l'île de Beauté. Petit à petit, mais depuis le premier jour où j'y ai mis les pieds. Pour les paysages, la nature, l'histoire, la culture, la gastronomie, la musique ou le football Corse n'a cesse de croître. En découvrant, en Rencontrant, en revenant, je me suis fait ma propre opinion sur l'Île et les gens qui l'habitent, loin des clichés véhiculés par les médias français.

 

Prologue d'une magnifique aventure

Sam1Le GR20 s'inscrit donc dans une suite logique de mon désir de découvrir la Corse toujours un peu plus authentique, toujours plus proche de Fiuminale en février que de Porto-Vecchio en août. En Prenant le temps de découvrir la Corse, comme on a parfois le temps de le faire sur le GR. Quand on s'assied et qu'on se tait pour écouter le vent à la Brèche de Capitello ou pour écouter de la guitare dans une étrange pizzeria à Bastia, sur on comprend la Corse autrement. C'est cette Corse là que j'aime, c'est celle que j'ai vu sur le GR20 ...


Les Corses, eux, ne sont pas des animaux rustres et bourrus, qui ne supportent pas les continentaux parce qu'ils ne sont pas Corses. Ce ne sont pas des gens qui ne vivent que pour sucer les subventions de l'Etat et de la Communauté Européenne. Même si rien n'est rien n'est blanc et noir, il ne faut jamais oublier que la Corse vivait bien et était un exemple de démocratie sous Paoli avant que les français n'arrivent. Les informations qui arrivent aujourd'hui sont souvent (involontairement j'espère) tronquées. Les raisons d'un Taux de chômage important sur l'île aujourd'hui, sont par exemple, le résultat de plusieurs facteurs historiques (Déplacement de la population active sur le continent, envoi massif de la population active corse à la guerre lors du siècle passé , ...) et pas toujours le résultat d'une paresse injustement associée à la Corse.

Le débat est long et n'est pas à la portée du pauvre petit mangeur de frites que je suis mais il est peut-être intéressant, de s'asseoir et d'écouter pour comprendre et se faire une opinion plus juste. .. TF1 ne détient pas la Vérité Absolue.

 

Dimanche 10 septembre:

Corte - Vizzavona - L'Onda.

Arrivée au refuge de l'OndaLe refuge de l'Onda est renseigné dans le guide Comme Etant le plus petit (12 places). Donc il est important de ne pas traîner en chemin pour arriver dans les Premiers. Le retard de la veille est à combler aussi. Je suis donc au poste, à la sortie de Corte, à Sept heures frappantes, le pouce levé, en espérant être au plus tot au départ de l'Etape du jour. La première personne qui passe ... est à pied! Un auto-stoppeur s'installe à cent mètres de moi. La partie ne s'annonce pas aisée mais la chance me sourit: après un quart d'heure, c'est le veilleur de nuit de mon hôtel qui passe et me prends jusqu'à Venaco. Très sympa, c'est un continental qui s'est installé en Corse il y a trente ans. Un quart d'heure de marche plus tard, je suis lifté jusque Vizzavona par un jeune Portugais qui roule très très vite et a une voiture qui tient à peine ensemble. Il roule d'ailleurs tellement vite qu'il "loupe" Vizzavona et me dépose quelques centaines de mètres trop loin.

Dans la précipitation, j'oublie ma bouteille d'eau dans sa voiture! Petite action, grandes conséquences : j'affronterai l'étape la plus dure du parcours sans eau potable et sans repas consistant. Une fois de plus je me dis que l'aventure commence, mais cette fois j'ai en face de moi la première marque rouge et blanche qui m'indique le chemin du "Fra li monti", le fameux GR20 qui me fait rêver depuis tant de temps. Pas le temps de rêver, il est tard et le refuge de l'Onda est loin. Je sens la main de papa dans mon dos, Mimi, Laurent, Audrey et tous ceux qui m'enverront des messages pendant deux semaines marchent à mes côtés. Mon aventure ne commence pas, elle a commencé. Et je le sens. Au menu de la première étape il ya 1200 m de dénivelé à grimper et la soif ne tarde pas à se signaler. C'est dur, très dur. Je fini par boire l'eau des rivières et j'attaque mes barres de céréales. Mauvais point pour la préparation. Heureusement, le spectacle que m'offrent la Cascade des Anglais et le Monte d'Oru apaise mes difficultés. Aux deux tiers de l'ascension, je fais la rencontre de la famille André. Nous marcherons ensemble quelques jours et leur rencontre sur cette première étape sera un vrai salut. Les dernières centaines de mètres à grimper sont infernales: plus d'eau (même plus de rivière), rien de notable dans l'estomac, trois heures d'efforts intensifs dans les jambes et une étape dont je ne vois pas le bout! J'emboîte donc le pas en toute Humilité mais sans honte dans celui de la maman d'André. Je n'en peux plus, si elle s'arrête je m'arrête. Si elle marche, je marche. J'ai déconnecté mon cerveau et je ne fais que la suivre ...
Pour arriver enfin en haut. Spectacle grandiose. Tout le monde s'arrête, Reprend des forces. Je choisis de continuer pour arriver avant les quelques randonneurs qui se reposent.

La descente est moins difficile mais plus technique, le risque de chute est permanent car le sentier est fait de petits cailloux poussiéreux. Deux chutes sans conséquences plus tard... le refuge, au loin. Enfin. J'arrive dans les temps, j'ai le 14e lit disponible sur 16 (le refuge a été agrandi cette année) et je réserve dans la foulée le menu du soir... A ce moment commence une soirée particulière : découverte des chiottes turques, première douche froide, premières rencontres, premier menu en refuge,... Je rencontrerai ce soir là, la Famille André (que j'avais juste croisé pendant la journée), deux belges (père et fils) de Rixensart, cons comme la lune; un groupe de randonneurs français qui randonnait dans l'autre sens et qui s'étaient rencontrés sur le parcours... En fait, j'avais devant moi ce que j'appelle aujourd'hui un premier tableau de GR20. Une situation qui est devenue aujourd'hui une image figée. L'ambiance lors de ce repas partagé par des gens fatigués mais fiers, venant d'endroits différents, qui ne se connaissent pas mais qui sont avides de savoir ce que l'autre à vécu pendant sa journée, est vraiment particulière. Les refuges sont aussi l'occasion de voir des gens hauts en couleur comme ce randonneur accompli qui m'a tellement fait penser à un personnage des bronzés, qui a décidé, sans raison, de dormir dehors, comme ça, pour faire le cow-boy. Fatigantes et fortes en émotions, la journée se termine après le morceau de fromage Corse qui clôture le menu délicieux (soupe corse, lasagne et fruit) servis par un couple de gardiens de refuge sympas et accueillants !

 

Lundi 11 septembre:

L'Onda - Petra Piana.

Passerelle de Tolla Deuxième étape, deuxième jour d'aventure ! La nuit fut courte et difficile, je n'ai plus du tout l'habitude de dormir en sac de couchage et une imbécile a allumé la lumière pour tout le dortoir vers cinq heure du mat' ! Le temps de tout remballer, d'admirer le lever du jour depuis le balcon du refuge et d'acheter un pain au gardien pour ne pas connaître la même mésaventure qu'hier et je suis parti à travers une superbe forêt de pins en descente douce vers le refuge de Petra Piana, que j'atteindrai après quatre bonnes heures de marche et une heure de glandes dans les splendides cascades de Manganellu, après avoir passé la passerelle et les bergerie de Tolla. L'occasion de rencontrer de vieux Gantois et un très sympathique couple de jeunes Namurois au bord de l'eau. Le GR est fréquenté par de très nombreux belges qui ne sont pas tous aussi cons que ceux rencontrés hier. Une première partie d'étape assez aisée qui va laisser place à une nouvelle ascension très pénible (900m), coupée par une pause repas aux bergeries de Ghjalgu, et une nouvelle révélation au niveau de la préparation : tout mon matériel n'est pas adapté. Le poncho que j'ai emporté pour me protéger de la pluie ne sert à rien ! La pluie a commencé à tomber alors que j'approchais de Petra Piana et la dernière demi-heure s'est faite sous une petite pluie inquiétante et glissante. Le poncho trop petit, ne pouvait pas me couvrir quand je portais le sac à dos. Il est donc à espérer que le ciel retiendra ses gouttes les 10 prochains jours car je me suis débarrassé de l'objet inutile.

Refuge de Petra Piana Je suis pour finir arrivé au refuge sans casse et je découvre un refuge très sympa, fait de plusieurs petits chalets et avec une vue imprenable sur la vallée traversée. Je retrouve la famille André (très sympa, ils m'ont gardé une place) et les belges cons. Comme la veille, je me prends un Twix et un Coca au ravitaillement, ça deviendra un petit rite jusqu'à la fin du parcours. Je commande le menu et passe le temps qui me sépare du repas à lire le livre acheté à Zaventem (un recueil d'interview de Coluche). Le repas ne tient pas les promesses de celui de la veille. Un cake plutôt fade suit un plat de pâte au pesto sans plus de goût. La lumière qu'offre le jour qui commence à tomber est très bonne, c'est l'occasion de faire quelques photos avant d'aller dormir. La journée de demain promet de nouveau une belle étape, il s'agira d'être en forme !

 

Mardi 12 septembre:

Petra Piana - Manganu.

Abords de la Punta MuzellaAujourd'hui, réveil et mise en route rapide. Manganu n'est pas un refuge fréquenté par les seuls trekkeurs du GR20, mais aussi un abri pour les chasseurs, les pécheurs et les randonneurs de tout poil. Pour m'assurer une place, je choisis donc de ne pas tarder. Dés le départ une rencontre sympathique: une salamandre. Voici donc le premier animal inhabituel de mon périple, qui ouvre la voie sur une première ascension pénible, qui me permet d'accéder à un point de vue remarquable. Pause, photo, barre de céréale et c'est reparti... mais pas pour longtemps. Je paye à présent l'oubli de la bouteille d'eau dans la voiture ! Sans entrer dans les détails, mon système digestif m'indique que l'eau bue dans la rivière l'avant veille était impropre à la consommation. Pas de regrets, je ne pouvais pas faire autrement. Heureusement je ne suis pas trop atteint et je poursuis ma route dans un cadre remarquable: une succession de lacs de montagne (dont les lacs de Rinosu, Melu et Capitellu), paisibles mais entourés d'une ambiance mystérieuse du fait des nombreux contes et légendes qui s'y rapportent...

Le parcours en crête est agréable et bien indiqué mais la traversée de quelques champs de gros blocs de rochers rappelle à la prudence. Alors que j'approche de la brèche de Capitellu, véritable charnière de l'étape du jour, je suis rattrapé par la famille André, avec qui je finirai l'étape. Une étape qui se corse diablement quelques centaines de mètres plus loin lors de l'ascension proprement dite de la brèche, on ne parle plus ici de marche mais plutôt d'escalade par endroit. L'usage des mains est indispensable mais le spectacle en vaut la peine : nous mangeons au sommet, avec du soleil et un panorama splendide, à l'endroit même où a été prise la photo qui fait la couverture du topoguide. Après avoir mangé l'une ou l'autre barre de céréales, la descente s'annonce difficile car ce sont de gros blocs de rochers qu'il faut descendre et une chute peut avoir des conséquences vraiment dramatiques. Mes genoux me font fort mal pour la première fois, c'est donc avec soulagement que nous arrivons en bas sur les pozzines qui bordent une petite cascade. La rivière qui coule nous mènera en une petite heure au refuge de Manganu mais la pluie qui a fait son apparition ne rend pas la baignade très attrayante. Doublement dommage car la rivière qui coule tout près du refuge est très jolie mais surtout, les sanitaires sont absolument repoussants ! L'accueil n'est pas mauvais mais il est inexistant, je commande quand même le repas (haricots blancs en sauce) malgré mes problèmes intestinaux qui ne s'arrangent pas du tout (sans plus de précisions). Le refuge de Manganu restera donc pour l'accueil, le repas et les conditions (drache à la belge) comme le moins sympathique d'autant que le réseau m'empêchera d'envoyer mon MMS du jour. La fréquentation du refuge n'est pas exceptionnelle non plus,... vivement demain !

 

Mercredi 13 septembre:

Manganu - Castellu di Verghju.

Col du San Petru et ses arbres torturés par les vents violents L'étape du jour me mènera au Castellu di Verghju. Étape ô combien attendue car après une étape longue en kilomètres, mais accessible en termes de dénivelés et de difficulté, je devrais retrouver une douche chaude, un lit, du courant, un vrai repas et peut être même de quoi faire la lessive. L'étape proposée me propose de passer par le lac de Ninu, où je suis passé il y a quelques années. Je pars donc seul de bonne heure et de bonne humeur, en saluant la famille André une dernière fois car eux ne continuent pas le GR mais bifurquent vers Corte. Après quelques centaines de mètres de marche à peine, le paysage s'ouvre et un immense plateau apparaît. Des vaches et des chevaux y paissent en toute tranquillité, ils doivent être parmi les plus heureux du monde. Une petite ascension mène aux bergeries de Vaccaghja et m'offre un vrai sentier jusqu'à la fin de l'étape, en passant par le lac de Ninu, que j'atteins par le bas. Je suis en train de vivre un grand moment dans ma vie et je le ressens fort. Cette randonnée me plaît énormément et le fait d'arriver aux abords de ce lac, qui évoque pour moi des souvenirs pas évidents à gérer, me donne un sentiment de force encore plus fort. Le lac n'a pas changé, toujours aussi beau et calme. Une vache prend son bain et un poulain veille sa mère, ce lac est un véritable enchantement, j'y reviendrai certainement encore un jour. La randonnée se poursuit et passe par le col San Petru et ses arbres couchés par le vent puis la splendide forêt de Valdu Niellu, qui abrite quelques espèces de champignons curieux. Au terme de cette très agréable étape, j'arrive (accompagné par des cochons sauvages) à la station de ski, convertie en gîte pendant l'été, de Verghju où je trouve tout ce dont je rêvais en terme de confort (ce n'est pas non plus un quatre étoile mais une douche chaude ça change la vie). Sieste, farniente et lessive me mènent au délicieux repas du soir (raviolis au brocciu et viande en sauce). Après le repas, grande classe: du foot à la télé ! Lyon joue contre le Real et ce sera l'occasion pour moi de faire connaissance avec le serveur du bar, fan de foot et du Sporting, qui évidemment ne soutient pas les français de Lyon mais leurs adversaires. Une rencontre sympa (de plus) donc malgré une victoire Lyonnaise. La nuit qui s'annonce devrait être toute bonne dans un vrai lit, avant une étape tampon qui doit me mener aux portes du cirque de la solitude...

 

Entracte
Jeudi 14 et vendredi 15 septembre:

Verghju - Corte, Corte, Corte...

Mauvais réveil ! Un coucher plus tardif que d'habitude, un voisin de chambrée qui ronfle comme un ours, un autre hyperactif qui a un lit qui grince et le spectacle désolant de la pluie battante devant la fenêtre du dortoir. C'est le moral dans les chaussures et transi de froid que je vais prendre le petit déjeuner. Dans le bar, les randonneurs essayent de s'informer sur l'évolution de la météo. Les bulletins météo de l'émission matinale de France 2 sont autant d'occasion d'observer un silence presque religieux, suivi d'un brouhaha dans lequel chacun y va de son commentaire ou de ses intentions. Les conditions météo et l'altitude de la station offre un spectacle saisissant pour ceux, dont je fais partie, qui n'y sont pas habitués: nous sommes au cœur du nuage, la visibilité est inférieure à cinq mètres. L'institut météorologique annonce une alerte orange aux orages sur la Corse pour les deux prochains jours. La solution de la sagesse s'impose assez vite à mes yeux : je m'arrête en attendant une amélioration. Un bus passe dans l'après-midi vers Corte mais certains randonneurs s'organisent pour réserver un taxi un commun, c'est la solution que je choisirai et je descendrai à Corte (50km) pour 30 euros, réconforté par le récit terrifiant de deux couples de belges (encore !) qui ont morflé dans le cirque de la solitude l'avant-veille et qui débarquent comme des morts vivants et trempés jusqu'aux os malgré leurs bon équipement, dans la station ! Le vieux minibus qui sert de taxi me dépose à Francardo. Les 10 kilomètres me séparant de Corte sont fait en stop, grâce au lift offert par un vieux Corse qui a fait demi-tour pour venir me prendre ! L'hospitalité locale n'est pas une légende. Le moral est au plus bas, le temps ne se découvre pas, et aucune amélioration n'est prévue avant lundi matin. J'espère pouvoir remonter dimanche pour pouvoir boucler le parcours initial, même si je ne pourrai probablement pas monter à la Paglia Orba. Les deux jours de repos forcés me permettront de régler quelques petits détails et de combler des petites lacunes dans ma préparation. Il y a un petit trou dans ma chaussure et j'ai oublié ma serviette à Manganu. Je retourne donc à l'hôtel qui m'avait accueilli quelques jours auparavant. Ces deux longues journées seront les plus pénibles de mon voyage. Mes activités se résumant à dormir le plus longtemps possible, surfer sur Internet au cybercafé et me promener dans le supermarché. Je m'achèterai un nouveau livre (une analyse du Da Vinci Code), je regarderai la casquette de Bastia à Montpellier et l'élimination de l'Île Rousse à Corte en coupe de France. Je retombe aussi par hasard sur la famille André à Corte (eux aussi sont bloqués). Quoi qu'il en soit voilà donc deux jours perdus par rapport à mon planning mais les titres de Corse Matin me donnent raison, pendant ma pause les titres étaient "Torrents et scènes de panique en Corse" et "Camping en détresse". Une fille est morte au volant dans les environs de Bastia. Je me félicite donc de m'être arrêté et suis soulagé de pouvoir repartir demain dimanche...

 

Samedi 16 septembre :

Corte - Verghju - Radule... Verghju !

Les lacs de Capitellu et Melu, depuis la brècheVoici le récit d'une journée bien étrange mais qui en fin de compte fut excellente malgré un réveil peuplé d'incertitudes. Ce dimanche est pour moi une sorte de date butoir car si la météo ne s'annonce pas plus clémente pour demain, je risque de ne plus avoir le temps de finir la rando. Après un petit déjeuner rapide, je me rends donc au cyber pour surfer sur le site de Météo France. Ouf, les prévisions, à défaut d'être bonnes ne sont pas mauvaises, je vais donc pouvoir redémarrer. Mais comment ? La route qui mène au Col de Verghju est très peu fréquentée, mais le stop est malgré tout mon unique alternative car ni trains ni bus ne montent à la station. Ce n’est donc pas moins de 5 lifts différents qui vont me permettre de remonter là où j'avais laissé mon aventure. Pour mettre du piquant, en plus, je tiens à l'œil la montre car si je n'arrive pas trop tard, je peux attaquer de suite et essayer d'atteindre Ciottulu di i Mori (refuge ou je ne comptais pas m'arrêter) en deux heures et demi, et ainsi alléger mon étape du lendemain d'un petit tiers. A la sortie de Corte, un couple d'Anglais sympathiques et impressionnés par mes exploits me ramène à Francardo (départ de la départementale), une Corse et sa fille me montent encore de quelques kilomètres. Et puis je fais la rencontre de deux pécheurs qui, eux me monteront sur une bonne partie du trajet. On papotera pendant une bonne demi-heure de tout ce qui fait la Corse, ils me montreront dans les falaises de la Scala di Santa Regina, une caverne où se cachait un bandit réputé du XIXe siècle, et arrivé à leur terminus, ils m'empêcheront de partir et m'inviteront à partager un whisky à la station essence, où tout le monde parlait Corse devant mes yeux émerveillés. Une demi-heure plus tard, j'ai repris mon sac et j'ai marché trois bons kilomètres avant d'être pris par un pompier... pour trois kilomètres. Une dernière (longue) partie à pied, au milieu d'une nature moins impressionnante (voitures calcinées ou désossées sur le parcours) mais accompagné par de nombreux cochons sauvages et me voici pris pour un dernier lift par un couple de cinquantenaire Marseillais. Il est 14h, je suis de retour au Col de Verghju et le soleil est là ! Pas le temps de faire le guignol, je choisis cette fois la solution de l'aventure et je me lance à l'assaut de Ciottulu. La première curiosité, la cascade de Radule (splendide), sera aussi la dernière car une fois passée celle-ci je me retrouve nez à nez avec un nuage menaçant. Pas au dessus de ma tête mais en face de moi, si je veux poursuivre je dois y entrer. Seul je ne prends pas le risque et je me résous à rentrer passer la nuit à la station. Je fais demi-tour et rebrousse chemin mais très vite, la pluie commence à tomber et le chemin dans ce sens est bien moins balisé et je perds la trace du GR en pleine forêt. Je mettrai donc une heure de plus pour rentrer au Castellu et c'est trempé et crevé que j'atteins la réception où je suis réconforté par le sourire des barmen qui me voient arriver. Re-cannelloni au brocciu et re-viande en sauce, re-discussion acharnée, re-douche chaude et le lendemain...

 

Dimanche 17 septembre :

Verghju - Tighjettu.

Re-départ ! Mais cette fois l'objectif n'est plus Ciottulu mais Tighjettu. Six bonnes heures de marche pour atteindre les portes du cirque de la solitude. La veille au soir, j'ai pris soin de prendre rendez-vous avec Pierre-Yves et Christelle, bretons et facteurs tous les deux, pour faire l'étape avec eux et "m'assurer" en cas de pépin. Ils sont sympas et ont commencé eux à Conca, ils sont donc en route depuis 10 jours déjà et sont passés à travers du mauvais temps. Christelle n'en peut plus du GR, Pierre-Yves n'en peut plus de Christelle. Je la plains. Je le plains aussi malgré le courage de Christelle. Nous marchons depuis une bonne heure sur mon parcours de la veille quand nous arrivons à Radule. Tout à changé. Les pluies de la nuit ont transformé de petits écoulements d'eaux en torrents et un passage sans difficulté la veille juste avant la bergerie de Radule s'est transformé en un obstacle difficilement franchissable. Il pleut un petit peu mais je ne veux plus faire demi-tour, malgré le nuage de la veille qui n'a pas bougé de place. Je décide cette fois de l'affronter et d'abandonner mes deux petits facteurs bretons car j'ai trop froid et ils (ou plutôt elle) sont trop lents. J'attaque donc l'ascension qui doit me mener à Ciottulu dans un épais brouillard. Je ne vois les balises que l'une après l'autre. Ma visibilité varie entre 3 et 20 mètres selon le vent... L'ascension est pénible car le dénivelé est important et rendue périlleuse par le manque de visibilité. Le brouillard est tellement dense que je me suis arrêté dans un premier temps à moins de vingt mètres du refuge de Ciottulu pour boire et reprendre mes forces car je ne pouvais pas le voir. Après avoir passé une demi heure à essayer de me réchauffer sans succès, j'ai repris la route de Tighjettu, non sans avoir été tenté de rester à Ciottulu d'autant que sous des airs très rustres, le gardien était en fin de compte un gars gentil qui a le malheur de garder un refuge qui n'est pas fréquenté puisque coincé entre Tighjettu et Verghju... La suite du chemin ne fut pas de tout repos, très escarpée, nécessitant l'usage des mains, longeant par moment des ravins assez profonds et rendue glissante par la pluie. Heureusement, le parcours continua en forêt et le soleil fit son apparition pour me permettre d'atteindre le refuge de Tighjettu (visible de très loin, ce qui rend l'ascension éprouvante à cause de la fausse impression de proximité) malgré un état d'épuisement avancé... Le refuge, le gardien et le menu sont au top mais pour la première fois, je n'ai pas trouvé le courage de passer sous la douche glaciale après mon Twix-Coca, j'ai passé la journée frigorifié et la perspective de puer m'effraye moins que celle de finir gelé. L’ambiance est particulière à Tighjettu. Au départ du gardien il y a 4 français, deux allemands et... treize belges. Un groupe de dix très jeunes limbourgeois sont sur le parcours dans le même sens que moi, le sujet de leur conversation est sur toute les lèvres: le cirque de la solitude, U Cascettone ! Ceux qui l'ont fait dans la journée, en parlent comme d'un monstre et ceux qui voyagent dans mon sens se demandent s’ils vont le faire. Les petits belges se demandent comment se répartir le poids de certaines d'entre eux. Les allemands eux manquent de temps et comptent doubler l'étape. Les commentaires, les témoignages et les intentions vont bon train. Le temps annoncé pour la matinée n'est pas mauvais, je ne partirai donc pas trop tard à l'assaut du monstre !

 

Lundi 18 septembre :

Tighjettu - Ascu Stagnu.

Sam8Est ce que je redoutais ce moment ? Est ce que je redoutais de me réveiller ? Tant que je dormais j'avais une bonne excuse pour ne pas l'affronter, mais une fois réveillé, il me fallait y aller, sous peine de passer pour un peureux. U Cascettone m'attendait. Après un petit déjeuner aussi rapide que les autres jours, j'ai donc entamer la montée difficile et dangereuse (exposée au vent) qui mène à l'entrée du cirque marquée par un cairn de très grande taille composé de pierres mais aussi d'une... sandale ! Le cirque de la solitude est en fait une falaise de 700 mètres de dénivelé que l'on descend d'un tiers pour remonter sur un autre versant. Ce qui est impressionnant outre le caractère abrupt de la pente, c'est la proximité du versant qui fait face. On rentre réellement dans un chaudron, où le soleil rentre très peu et où aucune végétation ne pousse. Des mains courantes, des câbles et des échelles en fer ont étés fixés dans la paroi pour rendre la descente possible. On est en Corse, en Europe occidentale, ce n'est pas Cliffhanger et des gens n'y meurent pas tous les jours mais l'endroit mérite sa réputation et des accidents s'y produisent chaque année, parfois mortels. C'est donc avec une grande fierté et un certain soulagement que j'ai franchi l'obstacle, en une heure et demi à peu près, sans oublier de me prendre en photo devant la bouche du monstre. La descente, longue mais belle et ensoleillée jusqu'à la station d'Ascu Stagnu en fut d'autant plus agréable. Je n'ai pas pu m'empêcher de penser régulièrement à mes dix petits compatriotes qui devaient encore être dans le cirque et c'est sous l'œil bienveillant du Monte Cinto (point culminant de la Corse) que je suis arrivé au gîte où j'ai reçu le fabuleux accueil de la gardienne, une continentale qui est restée "bloquée" en Corse il y a huit ans. J'ai passé une heure et demie à discuter avec elle avant que la pluie ne commence à tomber. Je suis alors parti prendre ma douche (sans elle, zut) et j'ai été me poster à la terrasse pour guetter l'arrivée des petits belges dont le retard commençait à m'inquiéter un peu. Et soudain sous la pluie qui arriva... les bretons ! Ils n'avaient pas dormi à Tighjettu mais dans une bergerie et avaient fait une longue étape. Christelle n'était plus cassée mais explosée. Ils avaient atteint Haut-Asco mais allaient y passer une journée de repos avec grasse matinée car ils n'en pouvaient plus. Ce fut quand même pour moi l'occasion de passer un repas en leur compagnie, ainsi que celle d'un agent des eaux et forêts qui m'apprit pas mal de choses sur la faune Corse et sur les randonneurs (anecdotes et récits d'accidents...). Je me fis même offrir le vin par mes nouveaux amis bretons pour me remercier de leur avoir passé mes bâtons de marche deux étapes plus tôt. Les belges finirent par arriver, trempés et prirent la nuit dans l'hôtel, moins cher que le refuge du parc. La nuit fut bénéfique, et l'annonce d'une météo plus clémente laissait entrevoir une fin de parcours plus sécurisante vu la réputation dangereuse des dernières étapes, mais après le cirque de la solitude qu'est ce qui peut encore faire peur ?

 

Mardi 19 septembre :

Ascu Stagnu - Carrozzu.

En faisant le moins de bruit possible, je quitte la chambre que je partageais avec mes bretons pour entamer l'étape qui me mènera à Carrozzu. Je suis en retard sur mes prévisions d'horaires car j'ai voulu profiter du vrai lit que m'offrait Ascu Stagnu un peu plus longtemps. Je ne serai donc pas le premier à passer ce matin au lac de la Muvrella, et j'amenuise donc mes chances d'apercevoir des mouflons s'abreuver au bord de ce petit lac d'altitude. J'abandonne Pierre-Yves et Christelle qui font un jour de break et entame une ascension qui promet d'être corsée. La pente est rude et les 600 mètres de dénivelé à avaler en petit déjeuner ne sont pas bien balisés dans mon sens, je ferai donc plusieurs fois de l'ATT (A Travers Tout) et me contraindrai donc à de petites partie de mini escalade. La descente passe par le lac de la Muvrella (sans mouflons) et propose ensuite des parties très techniques... trop techniques en fait ! Les dalles glissantes ont eu raison de mon équilibre et pour la première fois du séjour, je me suis fait mal en tombant (la hanche). La douleur ne dure pas mais la confiance en prend un coup, d'autant que la suite du parcours est toujours aussi pénible dans sa composition, on ne parle plus de sentiers depuis quelques jours. La fin de la descente est équipée de câbles et de mains courantes, à raison. La difficulté du parcours est accrue par l'inattention provoquée par la beauté du paysage. Des torrents et des chutes d'eau se rejoignent pour former une rivière qui passera bientôt sous la passerelle de Spasimata (célèbre depuis le film "Les Randonneurs"). En la traversant, je sais que Carrozzu est proche mais je ne prends pas le temps de flâner, en me dépêchant, je peux réserver ma nuit et revenir me baigner avant que le soleil ne disparaisse. J'arrive essoufflé au refuge, réserve ma nuit, pose mon sac et file à la rivière. Première véritable baignade depuis mon départ malgré une eau glaciale; j'en profite également pour me faire une pseudo lessive dans la rivière (sans produit évidemment). Pendant que mes habits sèchent un quatuor de nordistes me rejoindras pour la baignade, ils en sont à leur deuxième et jour et forment une belle bande, en compagnie d'autres que je rencontrerai au refuge, ils se sont tous rencontrés sur le parcours. L'ambiance au refuge sera donc excellente ce soir malgré la piètre qualité du menu : riz sauce tomate sans sauce tomate, soupe corse très moyenne et cake à la châtaigne sans goût. Je fais la rencontre d'une compatriote de Wavre, avec qui j'avais failli partir depuis Bruxelles. Je donne mes lyophilisés, qui ne m'auront servi à rien, à deux petits bretons (décidément) car le refuge d'Ortu di u Piobbu à la meilleure réputation du parcours, autant s'alléger tant que possible. Pas de réseau ici, l'envoi du MMS quotidien est postposé à demain midi, sur la crête qui domine le refuge. Impatient, je m'arme de mon appareil photo et j'attends le coucher de soleil car pour la première fois, le refuge est orienté vers l'ouest et la baie de Calvi, le spectacle devrait en valoir la peine. Clic, clac, photo et au lit ! Je commence à être malade et je dois garder toute mes forces, d'autant que la nuit ne sera pas facile car le refuge est bien rempli et les lits sont semblables à des clapiers...

 

Mercredi 20 septembre :

Carrozzu - Ortu di u Piobbu.

Mes craintes d'hier étaient fondées, les petits raclements de gorge ont fait place cette nuit à un mal de gorge fort dérangeant. Je me réveille donc après une nuit difficile, un petit peu malade mais avec dans le viseur, à court terme, la dernière grosse ascension de mon GR, la Punta Innominata. Celle ci vendra très chèrement sa peau, juste après un ptit-dèj (barres de céréales) et des adieux à la sympathique bande de pinzutti de la veille. La montée se fait dans un pierrier par endroit et le pied redescend de quelques centimètres à chaque pas, c'est donc dur physiquement mais aussi moralement, d'autant que la solitude (un peu plus pesante chaque jour) commence à peser aussi. Heureusement, je fini par arriver en haut et le parcours en crête permet d'admirer un paysage vraiment sympa, sur fond de grand ciel bleu, depuis deux jours, Calvi se rapproche , indiquant ainsi une fin qui se rapproche. La descente vers Ortu di u Piobbu est longue, très longue et pas évidente. D'énormes blocs de rocher forment un chaos et la descente se fait parfois en sautant de l'un à l'autre. Une petit source est renseignée sur le topo et même fléchée sur le parcours mais je ne la trouverai jamais, elle était peut être sèche. Les montagnes qui m'entourent commencent à s'abaisser, encore un signe que la fin approche alors qu'il reste encore une étape complète et que je ne suis pas à la fin de mes difficultés du jour. Néanmoins, et avec beaucoup de plaisir, je retrouve un sentier, ce que je n'avais plus vu depuis longtemps, et celui me mène aux bergeries de la Mandriccia où se prélasse un important troupeau de chèvres semi sauvages. Un parcours sous les arbres relativement aisé me mènera enfin au refuge d'Ortu di u Piobbu, situé sur un replat complètement dégagé, il ne ressemble pas du tout aux autres refuges du GR. L'accueil est très chaleureux et le repas sera excellent. Robert est un gardien de refuge super sympa, nous avons en plus des connaissances communes et nous discutons un peu. Son repas est le meilleur du séjour et il m'offre même l'eau de vie. Avant ça j'ai préféré la chasse au serpent (armé de mon Canon) à la douche (trop froide). Une couleuvre qui a élu domicile dans un buisson jouxtant le refuge était ma cible mais je ne suis pas parvenu à prendre de cliché convenable. Le coucher de soleil fut aujourd'hui somptueux et la photo sera celle de fond d'écran de mon ordinateur pendant longtemps. Je rencontre également un saisonnier qui boucle son premier jour. Il vient de finir son boulot dans un camping et s'offre le GR20 comme décompression. Je lui file mes dernières victuailles, Fromage et saucisson du père Jeannot, lui m'offre le thé, me montrant encore à quel point la solidarité entre randonneur est de mise. Le dortoir est propre, aéré et peu peuplé, une bonne nuit se profile, même si mon mal de gorge perdure... J'entame ma dernière nuit en refuge avec fierté et soulagement ! J'ai l'énorme satisfaction d'avoir atteint mon objectif et de bientôt pouvoir goûter à toutes sortes de choses qui me manquent beaucoup (savon, vêtements propres, chiottes à la belge, douche chaude, journal,...).

 

Jeudi 21 septembre :

Ortu di u Piobbu - Calenzana.

Et voilà ! La dernière nuit est passée. Aujourd'hui je me suis levé le dernier, le dortoir était désert quand je suis allé déjeuner. Je me suis surpris à perdre du temps, à traîner pour profiter de mes derniers moments de randonneur émérite. Je partage mon petit déjeuner avec le saisonnier avec qui j'ai passé la soirée d'hier. Il m'a offert un grand bol de thé tandis qu'en ma qualité de sudiste, j'ai passé de longs moments à conseiller les nordistes qui commençaient... c'est si gratifiant de passer pour un baroudeur ! Et puis toutes dernières chiottes turques, dernières barres de céréale, dernier effervescent de vitamines,... une bonne poignée de main et mes remerciements à Robert. La toute dernière étape a commencé, avec au menu 50m de dénivelé à grimper et 1200 à descendre, les genoux vont morfler ! Rien à signaler sur cette étape, si ce n'est la traversée délicate d'une barre rocheuse. Le paysage, depuis le premier kilomètre jusqu'à l'arrivée, est le même : la mer, qui s'approche toujours un peu plus. Le temps de faire le point, de se rappeler déjà les moments difficiles, et de se moucher ! Le mal de gorge est maintenant accompagné d'un état grippal et la fin arrive à point nommé. Et puis le retour à la civilisation se fait sentir, progressif mais inéluctable. D'abord, au loin, une piste. Puis un fil barbelé. Un muret. Une voiture, très loin. Un klaxon presque inaudible et puis... Calenzana et Moncale, les deux villages qui indiquent la fin de l'aventure. Le sentier est de plus en plus large, le pas de plus en plus rapide. La dernière grosse émotion du trek sera provoquée par une couleuvre qui traverse le sentier juste devant mon pied (on a beau savoir que la bête est presque inoffensive, ça fout quand même la trousse). Et puis l'entrée à Calenzana, un petit coup de fil à Bruxelles pour signaler que tout est fini, que je suis hors de danger et direction Calvi pour rejoindre Bastia au plus tôt car un après GR de feu m'attend dès ce soir...

 

Épilogue

Jeudi 21, vendredi 22 et samedi 23 septembre :

Calvi, Miomo, Bastia,... Bruxelles.

A peine ramené à Calvi par un très gentil couple de Suisses plutôt âgés, je me rends à la gare et chez Hertz pour voir quelles possibilités s'offrent à moi pour le retour sur Bastia. Impossible de prendre une voiture (quand va tu prendre une Visa, Sam ?) et pas de train dans les trois prochaines heures. Je vais donc à nouveau m'armer de patience et de mon pouce pour arriver au plus tôt. Je suis pris à la sortie de Calvi par un couple d'Italiens germanophones avec qui je m'exprime en anglais (vous suivez ?) jusqu'à Ponte Leccia. Cent mètres plus loin, un jeune entrepreneur Corse m'embarquera jusque Biguglia, dans la banlieue Bastiaise et un ouvrier arabe me déposera aux alentours de la place Saint Nicolas (centre ville) en passant à fond de balle par les petits sentiers de traverse pour éviter les bouchons. Entre-temps j'ai dégoté par téléphone une chambre dans un petit camping à quelques kilomètres de Bastia, et c'est à pied que je joindrai la chambre, exténué. Mort de faim (si vous avez bien suivi, je n'ai rien mangé depuis 7h, il est 17h et la journée a été plutôt chargée), je passe prendre un Corsica-Cola et un paquet de biscuit à l'épicerie mais malheureusement je ne trouve pas de sous vêtements de rechange (mon maillot de bain servira de solution de rechange). C'est la fin de l'aventure et les réserves en tout genre sont épuisées. Le temps de prendre une douche et je repars vers Bastia, cette fois grâce au bus. Du moins je pense car le bus que j'attends, le dernier de la journée, arrive avec 35 minutes de retard ! J'avais déjà repris la route à pied quand il est passé, heureusement il s'est arrêté entre deux arrêts pour moi et deux compagnons d'infortune qui attendaient le bus avec moi. Un petit quart d'heure plus tard, je suis de retour à Bastia où j'ai rendez vous avec Petru pour aller chez Hubert Tempête, un musicien humoriste bastiais connu en Corse, qui accessoirement était aussi pizzaïolo. Et là, c'est la folie... Accueil au pastis magique (un qui ne se vide jamais), accompagnement de la pizza avec une demi bouteille de rosé et la soirée, jusqu'aux petites heures, au whisky. J'avoue avoir mal géré le passage au whisky et avoir pris sur Petru un retard que je ne comblerai pas (mais Petru c'est un déglingo). Cette soirée restera bien longtemps gravée dans mes souvenirs car une ambiance magique s'est bien vite installée. A la guitare : Hubert Tempête, au chant : Tempête encore et quelques clients de passage pour quelques minutes ou quelques heures, et en spectateurs : Petru (spectateur averti) et moi (néophyte impressionné et charmé). Chez Hubert, quand on arrête de chanter et de jouer de la guitare, c'est seulement pour remplir son verre ou le vider... ou pour se chamailler pour savoir qui a la plus belle voix de Corse... ou pour taper dans les mains, rire, pratiquer la macagna ou jouer à la Mora (quoi vous ne connaissez pas la Mora ???). Bref ce que cette soirée eut de magique aussi, c'est qu'il était 4h du matin quand je suis sorti alors que je suis rentré à 21h et que j'ai l'impression d'être resté à peine une heure... C'est à pied, et des étoiles plein les yeux, que je suis rentré à ma chambre de Miomo pour m'affaler sur mon lit et me réveiller vers 11h, pour prendre le repas de midi chez Petru qui m'avait gracieusement invité. J'aurais bien été à la piscine mais Petru, qui est un grand buveur mais un petit joueur (mouahahaha) n'était pas cap' de m'y accompagner. On s'est lancé dans un petit tour de Castagniccia en voiture, en passant par une boucherie artisanale pour les réserves de Lonzu et Coppa et par un supermarché, pour les réserves de Pastis, eau de vie,... Le soir, le match Bastia-Niort m'attendait, sans Petru (à l'entraînement) mais avec l'un de ses amis qui eut l'immense gentillesse de me reconduire à Miomo après le match. Re-passage au supermarché avant le match pour m'acheter un jeans car Petru se foutait déjà du belge qui allait être le seul au stade en short et direction Furiani pour un match, intéressant, qui me donna la satisfaction de voir une nouvelle victoire Bastiaise et de beaux buts (4-1). Le samedi, j'ai flâné et j'ai essayé de me reposer un minimum à Bastia avant de rejoindre l'aéroport en bus. Le vol du retour, après un passage au contrôle au rayon X où les lonzi ont éveillé les suspicions des agents, fut difficile car mes sinus me posaient problème suite à ma petite maladie. A peine arrivé à Bruxelles et accueilli comme un prince par Mimi, Vince et Yann, j'ai déjà l'ambition de trouver une date pour repartir faire la partie sud du GR !

 

Un grand merci à Samuel pour sa participation.
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Vous invitent à découvrir la suite de l'aventure et bien d'autres sur mon site  www.sentiercorse.net.

 

Randonnée à pied: Le fameux GR20

gr20Le GR20 est l'un des plus célèbre sentiers de grande randonnée de France, l'un des plus spectaculaires et des plus sportifs. Il traverse la Corse du Nord au Sud, de Calvi à Port-Vecchio, sur 200 kilomètres! Pour celles et ceux qui veulent l'accomplir en totalité, comptez de 80 à 90 heures de marche réparties sur 15 jours.

11 refuges et 7 chalets-hôtels balisent le parcours, vous trouverez le topo-guide dans notre rubrique Guides et cartes. Il est possible de ne réaliser qu'une ou plusieurs étapes du GR en fonction de sa propre disponibilité et de sa condition physique.

Les parties hautes du Sentier, qui serpente souvent à plus de 2000 mètres, requièrent une certaine habitude de la marche en montagne. Les plus expérimentés pourront ainsi entreprendre, l'été, l'ascension du Monte Cinto, mais avec beaucoup de prudence: quand la brume survient les repères s'effacent. Il est a Rappeler que le GR20 est souvent qualifié de «chemin le plus difficile d'Europe»